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 Charlottanne ♦ « Quelque chose ne va pas? »

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Anne Mercier

Messages : 3
Date d'inscription : 05/09/2011


MessageSujet: Charlottanne ♦ « Quelque chose ne va pas? »   Lun 5 Sep - 13:50

« Et dites-moi Claire, vous pensez vraiment que vous pouvez vous permettre de servir des macarons aussi mal présentés à mon invitée? Voyons, on dirait qu'ils viennent droit du rayon surgelé d'un supermarché. Arrangez ça, vite. » J'arrange quelques bouquets de fleurs que mes incapables de domestiques ont mal agencés, vérifie la propreté -pourtant quasiment clinique- des lieux avant de m'estimer satisfaite. La porcelaine est prête, un excellent thé japonais a été acheté et je peux me permettre de recevoir dans des conditions à peu près décentes. Je retouche ma coiffure avec un peu de laque, lisse ma jupe et m'assoit dans le petit salon, attendant l'arrivée de Madame Leroy-Duchesne. Des bruits étranges courent sur le compte de son fils, qui des années durant m'a semblé être le parti idéal pour ma petite Elise. Mais je dois savoir ce qu'il en est. Je ne peux décemment pas le laisser le fréquenter, de près ou de loin, ma fille. Son nom, notre nom, ne saurait être associé au moindre parfum de scandale. Leroy-Duchesne ou non, « amitié » ou non, ma famille et ma fille, notre réputation sont bien plus importantes. On sonne à la porte et cette imbécile de Claire va ouvrir et fait entrer Charlotte. « Merci, vous pouvez disposer. » Je regarde la domestique s'éloigner d'un regard glacé puis sert un sourire policé à ma vis-à-vis « Bonjour très chère ! » Je hausse un sourcil, l'air faussement étonné et note « Charlotte, tu sembles bien fatiguée, quelque chose ne va pas? » Je prends une mine inquiète, cachant ma curiosité sous le masque de la bonne conduite.

« Mais non, tout va bien. La fatigue sans doute, j’ai reçu à dîner hier soir. » Je souris faussement, ne croyant pas un traître mot de ce qu'elle raconte mais bien forcée de paraître tout à fait satisfaite de cette réponse. Ce n'est pas comme si une socialite de la trempe de Charlotte Leroy-Duchesne se laissait surmener par un simple dîner... Je sers un peu de thé dans les fines tasses, tend la main vers le plateau de sucreries, l'invitant à se servir puis dit « Oh je comprends bien, Stéphanie était en ville il y a peu, nous avons dû organiser une grande réception, harassant ! » Je n'en pensais rien, quand on reçoit un membre de la principauté de Monaco, on ne s'en plaint pas, mais je me dois d'avoir l'air compatissante. Se pourrait-il que Charlotte ne tienne plus le standing de sa famille? Après tout, on l'a un peu moins vu depuis le départ de son fils et elle semble plus souvent inquiète ou pressée... Je tente donc de la piéger et la questionne « Et d'ailleurs qui receviez-vous? » Il est probable que sa liste d'invités imaginaires dévoile son mensonge au grand jour, me permettant ainsi de m'engouffrer dans la brèche pour lui tirer un peu les vers du nez.

« La sœur de mon mari. Elle a épousé un sénateur américain, ils sont rarement en France. Et quelques amis de la famille Leroy-Duchesne. Tu sais ce que c’est, la belle-famille. » Pas un tremblement dans sa voix, pas une once de doute à l'énonciation des noms, des lieux, des circonstances. Une guest list suffisamment intime pour être invérifiable, toutefois, je ne doute pas que la belle famille soit effectivement passée par Paris récemment. Un air calme, une gorgée de thé, Charlotte maîtrise au moins aussi bien que moi les arcanes du mensonge en société. Elle se protège, protège sa famille et je peux le concevoir. Très bien d'ailleurs, c'est exactement pour cela qu'il faut que je comprenne ce qui se trame. Pour le bien de ma fille. « Comme je comprends, la soeur de Charles n'est quasiment jamais à Paris, mais dès qu'elle passe, je dois ré-aménager tout notre emploi du temps ! » Un rire léger, cristallin et agaçant s'échappe de mes lèvres et je bois quelques gorgées de thé. « Je savais bien que tu connaissais ça. Après tout, on sait recevoir ou on ne sait pas, n’est-ce pas ? » Je souris, hoche doucement la tête. Je sonde alors le regard de Charlotte, sentant un malaise dans ses yeux fuyant. J'essaie de ramener la conversation dans les eaux troubles qu'elle tente d'éviter, en demandant, tout sourire « Elise m'a dit que Tristan et Andrea étaient réconciliés, elle les voit souvent ensemble sur le campus. Tu dois être ravie ! »

« En effet. » Je me redresse légèrement, attentive à ce qui va suivre. J'aimerai savoir si les échos troubles que j'ai eu d'Elise et ce qui se chuchote dans des murmures effarés, au coin des couloirs des hôtels particuliers parisiens, s'avère fondé. « Je suis ravie. Ils sont tous deux tellement brillants… C’est très bon de les savoir complices. J’avais peur qu’Andrea soit un peu seul à Oxford… En dehors de ta chère fille, bien entendu. » Son discours semble un peu trop rigoureusement affirmé pour être sincère, mais a priori, je ne peux remettre en doute sa parole. Les deux cousins ennemis renouent enfin, alors qu'ils entrent dans la vie adulte. L'histoire peut prendre un tour idyllique en effet, mais le léger trouble que je discerne chez Charlotte me conforte dans l'idée qu'il se trame quelque chose de louche. Rien de bon ne pouvait émaner de l'alliance des Leroy-Duchesne et des Faure de toute manière, quand on voit cette tare de Tristan, on ne peut que soupçonner le pire chez les autres. Je serre toutefois un énième sourire étincelant à mon amie et réplique « Oui, je craignais aussi qu'Elise soit un peu perdue, mais elle m'a l'air dans son élément, c'est bien qu'ils soient tous ensemble. » Nous savons elle comme moi que son fils n'a jamais posé un regard sur ma Elise, ayant hérité du mauvais patrimoine génétique des Faure et de la prétention snobinarde des Leroy-Duchesne. Ma décision est prise, je téléphonerai à ma fille dès ce soir, ce qui se passe dans les coulisses de leur riche demeure ne présage rien de bon. « Enfin, tu dois être soulagée de ce rapprochement familial, mais ton petit doit te manquer. » Je souris, hoche la tête, entre mères, nous nous comprenons. « Encore un peu de thé? » dis-je alors, revenant sur des bases moins risquées et me demandant si je serais un jour obligée de rayer Charlotte de mon carnet d'adresse.

« Avec plaisir, oui. » Je la sers donc, vantant les mérites de ces feuilles qui coûtent les yeux de la tête. Je la sens fausse, stressée. Elle n'aime pas mes questions. Diantre, quelle famille... La seule qui a apparemment les chances de tirer son épingle du jeu, et de ne pas finir au banc de la bonne société, est la jeune Laureline. D'après Elise, elle fréquente le fils d'un ambassadeur, voilà une demoiselle qui sait choisir ses fréquentations et ma fille ferait bien d'en prendre de la graine. Leroy-Duchesne paraît bien trop obscur et n'aura été que du temps perdu au final, ce qui m'agace un peu. Mais je souris à sa mère, aussi hypocrite qu'à mon habitude. Je somme ma domestique « Claire ! Les dossiers pour samedi. » Et parle enfin de la préparation du gala qui amène Charlotte ici. Je ne sais pas combien de temps elle pourra encore profiter des joies de la vie dorée des riches parisiens, autant qu'elle en profite le plus possible.


Dernière édition par Anne Mercier le Lun 5 Sep - 16:34, édité 4 fois
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Charlotte Leroy-Duchesne

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Date d'inscription : 05/09/2011


MessageSujet: Re: Charlottanne ♦ « Quelque chose ne va pas? »   Lun 5 Sep - 14:56

Le jour est idéal pour les mondanités, Anne Mercier n’aurait pu faire pire. Je meurs d’envie de téléphoner pour lui dire qu’elle pourra finalement se passer de ma présence, mais la chose me semble impossible, j’ai besoin de faire semblant pour Henri. Pour que la présence de mon neveu ici à Paris passe inaperçu. Pour que le fait que je projette de l’emmener voir notre fils dans son institut ne se sache pas. Alors je me prépare, me pomponne, enfile jupe haute et des talons hauts, Attache mes cheveux dans un chignon impeccable. Anne veut marier sa fille à Andrea, je le sais depuis des années. Et l’idée m’a toujours paru charmante. Elle l’est nettement moins aujourd’hui, tandis que la seule issue possible me semble l’esquive. Il faut cependant continuer à jouer le jeu, et prier pour que Andrea se montre conciliant. Mais je ne suis même pas sûre de le vouloir, en réalité. Ma vie était nettement moins compliquée quand il ne fallait pas se soucier de scandale et d’alliances, de réputation ou de noms. C’est la domestique d’Anne qui vient m’ouvrir la porte, je souris, aimable. « Bonjour. » « Merci, vous pouvez disposer. » Anne lance à la pauvre femme un regard glacial qui m’aurait arraché un sourire si les conditions étaient plus… favorables. « Bonjour très chère ! » Je souris, d’un sourire forcé, sans doute triste. « Bonjour Anne. » Je me débarasse de mon manteau, prenant mes aises dans cette maison où je me suis toujours sentie en position de force. Pas aujourd’hui cependant. « Charlotte, tu sembles bien fatiguée, quelque chose ne va pas? » Je souris un peu plus, me forçant à y mettre de la bonne volonté. « Mais non, tout va bien. La fatigue sans doute, j’ai reçu à dîner hier soir. » Mensonge éhonté qui devrait la faire réfléchir sur la nature des mes invités, et me laisser tranquille quelques secondes.


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