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 What the hell am I doing here ? Ϟ ONE SHOT.

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Andrea S. Leroy-Duchesne

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Date d'inscription : 31/08/2011


MessageSujet: What the hell am I doing here ? Ϟ ONE SHOT.   Lun 5 Sep - 11:02

On sonne. Je soupire, ça fait seulement cinq minutes que je suis assis sur mon canapé. Le week-end a été agité, et je dois retrouver Tristan en fin de journée. Nous avons prévu de nous échapper vers Londres pour la soirée, histoire de s’éloigner de toute vie sociale rattachée à Oxford telle que nous l’avons connu ces deux derniers jours. Je me lève péniblement, et me dirige vers la porte, me demandant qui peut venir à une heure pareille. Je n’attends personne, et c’est moi qui dois passer chercher Tris. J’ouvre la porte sans regarder au préalable qui je dois accueillir. « Oui… ? » Je suis coupé dans mon élan par une vision étrange, inexplicablement étrange. « Bonsoir, M. Leroy-Duchesne. Andrea, si vous me le permettez ? » Je cligne des yeux, ça n’est pas possible, mon imagination doit sans aucun doute me jouer des tours, et pas des meilleurs. « M. Durand ? » Mon psy ? J’écarte la porte pour l’inviter à entrer, avant de m’apercevoir qu’il n’est pas seul. « Qu’est-ce que… » Je plisse les yeux, il entre, accompagné de deux types souriants et un peu condescendants « Ne vous occupez pas d’eux, ce sont des amis à moi. » Je referme la porte derrière eux. « Qu’est-ce que vous faites ici ? » Il regarde autour de lui. « C’est un très bel appartement que vous avez là, Andrea. Mais d’après mes souvenirs, votre maison à Paris était bien plus agréable à vivre. » Soit. « Mais, sauf votre respect, qu’est-ce que vous faites ici ? » Il me regarde, un peu étonné, comme si ma question était absurde. J’ai l’étrange impression d’être redevenu un patient en quelques secondes seulement. « Servez-moi un café et asseyons-nous quelque part. Pour discuter. » Il ne lâchera rien. Les deux types qui l’accompagnent restent dans l’entrée pendant que nous nous dirigeons vers le salon, après un rapide passage par la cuisine. Je prépare du café que M. Durand verse dans deux tasses et apportent avec nous. « Pourquoi avoir déménagé ici, Andrea ? » Je m’assois dans un canapé. « Vous êtes venu pour m’analyser ? Parce que je vais bien, vous savez, tout va… » « Arrêtez un peu. Votre père s’inquiète énormément pour vous. » D’accord. Tout s’explique. Mon père, forcément. Je me crispe un peu, porte ma main à ma poche pour en sortir mon portable. Il n’y est pas. Où est-ce que je l’ai mis, bon sang ? « Votre père m’a raconté vos frasques dans la piscine. Votre histoire avec votre cousin. » Oh mon Dieu. Je dois prévenir Tristan, je dois lui dire. Et puis qu’est-ce que fout ce psy ici ? Pourquoi est-ce que mon père n’a pas fait le déplacement tout seul ? Et comment… « Vous avez raconté à mon père… ? » J’écarquille les yeux, repose ma tasse sur la table basse devant moi, soudain saisi d’une peur panique. « Il le fallait. » Il sort une enveloppe de sa poche. « Mais ne vous en faites pas Andrea. Vous allez aller mieux. Encore mieux que l’année dernière, avant votre dérapage. Nous allons vous guérir. » Guérir ? Guérir de quoi ? Je ne veux pas guérir, je ne suis pas malade. Qu’est-ce qu’il entend par là ? Pourquoi est-ce que mon téléphone n’est pas dans ma poche ? Je me sens étrangement menacé, peu en confiance. « Il faut que vous partiez maintenant. » Il termine son café, secoue la tête. « Non. C’est vous qui allez partir. Avec moi. » Impossible. Je suis majeur, il ne peut rien faire. Je me lève, refuse qu’il approche. « Où est mon père ? Il ne peut pas… » Non non non. C’est impossible. Impossible. « Vous allez venir avec moi, et tout va s’arranger. C’est dans votre cerveau tout ça, rien de ce que vous ressentez ne fait partie de la réalité. Tout provient de la maladie. » Je plisse les yeux, secoue la tête. « Est-ce que vous avez mis quelque chose dans mon café ? » Je vois flou, ma tête tourne. De quoi parle-t-il, enfin ? Il sort un lettre dans une enveloppe. « Votre père, votre tuteur légal étant donné vos capacités mentales réduites du moment, m’a demandé de signer ceci ». Il ouvre la lettre qu’il pose devant moi, mais je ne vois plus très clair, je suis étourdi. « C’est un ordre d’internement. » Je suis secoué de tremblements, mon cœur accélère sa course dans ma poitrine à un rythme effréné. Un ordre de quoi ? Les deux types se montrent dans le salon, me font me lever. Partagé entre la vive panique qui m’habite et l’horrible sensation de malaise qui m’envahit, je tente de me débattre, en vain. Nous sortons dans la rue, une voiture nous attend, et je sombre.

Je me réveille dans une chambre minuscule, et vide. Entièrement blanche, un peu comme dans un rêve bizarre. J’ai toujours mon jean, en revanche on m’a enfilé un polo blanc à la place de ma veste. Je n’ai plus de ceinture, plus de lacets non plus. La prison, en moins crasseux. Ma tête cogne contre mes tempes, et je mets un moment avant de réussir à me souvenir de ce qui m’est arrivé. J’essaye de me concentrer sur autre chose pour ne pas céder à la panique. La chambre, la douche dans le coin, le lavabo, la porte. Le lit, un téléviseur, deux lampes, une fenêtre grillagée qui donne sur un parc. Il fait gris, la pluie bat les carreaux sur un rythme assorti à celui adopté par mon cœur. Évidemment, pas de téléphone, pas d’affaires personnelles. La porte de la chambre est fermée à clés. Je m’assois sur le lit, tente de remettre en place les pièces du puzzle. On est en pleine journée, les événements ont donc dû avoir lieu la veille au soir.

Ma mère entre. Je souris, soulagé, elle va m’aider, me sortir de cet endroit où je n’ai rien à foutre. « Maman… » Elle a les yeux rouges, elle me prend dans ses bras en détournant les yeux. « Chéri, je suis tellement désolée… » Je secoue la tête. « Ne t’en fais pas. Je vais sortir et tout ça sera terminé, ça n’est pas grave… » Elle me regarde, interdite. « Sortir ? Andy, tu ne vas pas sortir. Tu dois rester un peu ici. » Une larme coule le long de sa joue. « Mais, Maman… » Elle m’embrasse en secouant la tête et ressort. Je m’assois sur mon lit, comptant les options dont je dispose pour me sortir de là. Aucune. Et là, je réalise, la descente aux enfers. Tristan m'attend sans doute toujours, ne comprend pas, essaye de me joindre. Que va-t-il se passer ? Est-ce qu'il va comprendre, venir, abandonner ? Est-ce qu'il est blessé au point de laisser tomber ? Je m'accroche au lit pour ne pas tomber, ma tête tourne, je divague, les larmes coulent, et de nouveau, je sombre.

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